dimanche 31 août 2008

Le Piège Iranien - La Guerre Sans Fin

Tomber dans le Piège Iranien, V: Flashback: La Guerre Sans Fin, et la Recherche Destructrice de "Sens"



Dans les dernières parties de cette série (que je compte terminer plus tard dans la journée et/ou demain), je traiterai en particulier le « problème Iranien » : ce qu’est précisément le problème aujourd’hui et ce qu’il pourrait être dans le futur, en opposition aux fantasmes infondés et largement hystériques que beaucoup ont fabriqués à partir de leur propres cauchemars, et quelles solutions seraient infiniment préférables à une attaque militaire presque certainement désastreuse – des solutions qui éviteraient une guerre régionale et qui seraient entièrement efficaces pour contenir toute menace que l’Iran pourrait représenter.

Avant de parler de ce qui est à mon avis le problème géopolitique plus restreint, je veux insister et m’étendre un peu sur certains aspects des dynamiques impliquées. Je comprends parfaitement que la grande majorité des gens se concentrent en premier lieu (et souvent exclusivement) sur les seuls problèmes politiques. Et ce n’est pas que je crois que ces problèmes politiques ne soient pas importants. Au contraire, ils sont d’une grande importance et souvent ils sont absolument cruciaux, et c’est pour cela que j’ai passé tellement de temps à écrire là-dessus ces dernières années.

Mais je continuerai à essayer de convaincre la plupart des gens qu’il est crucial de comprendre les forces supérieures en jeu. Quand nous considérons que le conflit et la guerre constituent le thème primordial et continu dans l’histoire de l’humanité – et quand nous comprenons que ces guerres sont fréquemment vues rétrospectivement, même par ceux qui en furent les principaux responsables, comme complètement futiles et ayant eu comme résultat une destruction et des pertes humaines immenses sans aucune raison qui en valait la peine – nous sommes amenés à nous demander pourquoi nous sommes aussi prompts à répéter cette histoire tragique encore et encore. Les considérations politiques à elles seules ne peuvent pas expliquer cette volonté de la part de tant de personnes d’agir de manière, en fin de compte, profondément autodestructrice.

J’ai suggéré quelques unes des racines de cet enthousiasme pour la guerre dans la 3ième partie de cette série, lorsque j’ai discuté des observations de Chris Hedges sur la « réalité mythique » de la guerre[NdT:traduit là]. Hedges note que : « Dans la guerre mythique, nous combattons des absolus. Nous devons vaincre les ténèbres. Il est impératif et inévitable pour la civilisation, pour le monde libre, que le bien triomphe… » Le point crucial est que c’est toujours de cette façon que les conflits sont vus et justifiés – même quand il est manifestement évident que des termes aussi absolus que le bien et le mal sont complètement impossibles à utiliser.

Si nous voulons tracer les contours généraux de l’histoire moderne, et si nous voulons découvrir comment exactement nous en sommes arrivés aux conflits internationaux auxquels nous faisons face aujourd’hui, nous finissons toujours par examiner une fois de plus le premier conflit où tant de choses ont commencé : avec la 1ère Guerre Mondiale. J’ai retracé une partie des conséquences planétaires de la Grande Guerre lors de la 2ième partie, La Folie de l’Intervention[NdT:traduit là]. Je suis toujours en train de parcourir les archives d’anciens essais que j’ai sauvegardés, et je re-poste ceux qui sont les plus pertinents pour les questions dont je discute. Je suis récemment tombé sur un post que j’avais entièrement oublié, publié le 31 octobre 2004.

Voici comment l’entrée commence (avec quelques commentaires entre parenthèses pour clarifier):
Dans un post l’autre jour, j’ai décrit la 1ère Guerre Mondiale comme l’évènement fondateur qui a mené au règne sans fin de l’horreur durant le 20ième siècle :

“Bien sûr, l’Occident en general a été au centre des développements au Moyen-Orient depuis la 1ère Guerre Mondiale, et comme je l’ai noté [dans un post antérieur], en référence au livre inestimable de David Fromkin, A Peace to End All Peace, Une Paix pour Mettre Fin à Toute Paix. Lorsque l’on considère le long arc de l’histoire, on ne peut pas disputer que tous les conflits majeurs du 20ième siècle sont nés des évènements mis en marche par la Grande Guerre, et particulièrement ils sont la conséquence de l’implication des Etats-Unis dans ce conflit – une implication qui était entièrement une question de choix, et pas de nécessité. Le rôle des Etats-Unis dans la 1ère Guerre Mondiale a mené à la montée de la Russie Soviétique, ainsi qu’à une paix qui mena à la montée de l’Italie Fasciste et de l’Allemagne Nazie. Et le genre de « paix » que les Etats-Unis ont permis de prendre racine après la 2nde Guerre Mondiale – quand Churchill et Roosevelt donnèrent à Staline tout ce qu’il voulait et plus encore, assurant ainsi que la Russie fût le seul véritable vainqueur de ce terrible conflit – mena directement à la Guerre Froide, y compris le conflit par armées interposées avec l’Union Soviétique en Afghanistan, qui en grande partie nous a mené là où nous sommes aujourd’hui.

« La leçon de cette histoire est implacable, et impitoyable : l’intervention à l’étranger mène toujours à des conséquences imprévues et indésirables (c’est-à-dire, indésirables du point de vue des buts généralement déclarés des interventionnistes eux-mêmes), et elle mène toujours à des dangers plus grands que ceux qui existaient avant l’intervention. Ainsi on prépare la situation à « justifier » toujours plus d’intervention – ce qui amène les mêmes résultats, assurant ainsi que le cycle continue indéfiniment, alors même qu’il exige un nombre de plus en plus grand de victimes. »
Fromkin a écrit un autre livre excellent, Europe’s Last Summer, Le Dernier Eté de l’Europe, sur les nombreux facteurs qui ont mené à l’éruption de la 1ère Guerre Mondiale. Il se repose en grande partie sur des recherches récentes qui ont examiné de nombreux documents qui étaient indisponibles auparavant.

A la fin de l’un de ses derniers chapitres, “What Was It About?”, « Pour quelles raison on l’a faite ? », Fromkin résume ce que les historiens ont été capable de déterminer sur les motifs réels qui ont mené à l’éruption et à la continuation de ce conflit désastreux. Souvenez-vous qu’une fois que la 1ère Guerre Mondiale était en route, le conflit était dépeint – comme il l’est toujours en fin de compte – comme un conflit entre le Bien et le Mal.

Mais, en fait, les parties étaient au depart intéressées par des problèmes beaucoup plus restreints – des problèmes qui, face aux pertes humaines terribles et à l’immense destruction de la Grande Guerre, semblent impardonnablement ordinaires :
Il y eut un temps où il était habituel que les historiens disent… que le duel Anglo-Allemand dans la 1ère Guerre Mondiale concernait le défi de l’Allemagne à la suprématie Britannique dans le système Européen d’alors. On présentait l’Angleterre comme un pays se battant dans une guerre défensive pour préserver le status quo ; l’Allemagne, elle, était un aggresseur dynamique cherchant à changer le monde.

Cette théorie a besoin de précisions. L’Allemagne et la Grande Bretagne cherchaient au moins à certains égards à préserver l’équilibre des pouvoirs pré-existant, tels qu’ils le percevaient. L’Allemagne ne pouvait pas se permettre de perdre l’Autriche que ce soit en tant qu’allié ou en tant que Grande Puissance ; la Grande Bretagne ne pouvait pas se permettre de perdre la France que ce soit en tant qu’allié ou en tant que Grande Puissance. L’Allemagne se battit pour sauver l’Autriche ; la Grande Bretagne se battit pour sauver la France. Au départ, les deux camps entrèrent en guerre pour retenir ce qu’ils avaient : leur allié le plus proche. Dans ce sens, c’était – au départ, même si c’était uniquement au départ – un conflit défensif des deux côtés.

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Ce qui poussait un pays à entrer en guerre n’était pas toujours la même chose qui le poussait à continuer la guerre. Ils entraient en guerre pour une série de raisons, mais développaient d’autres raisons pour combattre leurs ennemis alors que le conflit continuait. Les divergences avec l’autre côté s’élargissaient, s’intensifiaient, et se déplaçaient sur de nouveaux domaines. L’entrée des Britanniques dans le conflit transforma une guerre Européenne en une guerre mondiale. L’entrée de l’Amérique dans la guerre et dans les affaires mondiales en 1917 changea les équations de l’équilibre-des-pouvoirs. La participation de l’Amérique, avec les deux révolutions Russes de cette année, amena des dimensions idéologiques qui étaient absentes auparavant, mais qui allaient modeler le reste du 20ième siècle.

Au départ, cependant, c’était simplement des Grandes Puissances qui se battaient pour rester là où elles étaient et pour s’accrocher à ce qu’elles avaient.
Remarquez que, au départ, la 1ère Guerre Mondiale était uniquement une question de pouvoir dans le sens le plus superficiel : à quel point les pays impliqués pensaient qu’ils pourraient contrôler de vastes morceaux du monde et influencer les évènements futurs. Il n’y avait pas de bataille entre le Bien et le Mal : cela vint plus tard, quand les leaders politiques eurent besoin d’une cause et d’une rationalisation pour pouvoir justifier le massacre insensé à leurs populations respectives.

C’est important – mais ce n’est pas suffisant. Cela n’explique toujours pas la volonté des leaders d’initier un tel conflit, surtout quand il était parfaitement clair qu’ils mettraient en marche des évènements qui pourraient rapidement et désastreusement échapper à tout contrôle – comme ils l’ont fait presque immédiatement. C’est là que les facteurs culturels et intellectuels plus généraux entrent en jeu. Dans la 3ième Partie[NdT:traduction ici], j’ai cité un article très perceptif de Matt Taibbi. Rappelez-vous d’une phrase clé dans l’article de Taibbi : « La guerre permanente n’est pas une politique imposée d'en haut ; c’est un impératif émotionnel qui vient du fond. »

Taibbi décrivait certains des supporteurs de Bush les plus dévoués mais, comme je l’ai indiqué, cette dynamique a un champ d’application tragiquement plus large. Mon post du 31 octobre 2004, mentionnait une excellente contribution dans le Boston Globe par H.D.S. Greenway, une contribution que je suis heureux de voir toujours en ligne. Considérez ces observations dans l’article de Greenway :
Plus de 90 années se sont écoulées depuis cet août 1914 quand une Europe paisible et progressiste a pris fin. Les historiens peuvent attribuer la plupart des malheurs du siècle – la montée de Hitler et la 2nde Guerre Mondiale, la révolution Bolchevique, Staline, et la Guerre Froide – à cet effrondrement fatal de l’ancien ordre qui vint avec la 1ère Guerre Mondiale. Curieusement, avant que le massacre dans les tranchées ne les détrompe, nombre d’Européens en 1914 accueillirent l’apocalypse annoncée comme une force purificatrice pour le bien moral des nations, un nettoyage de ce qu’ils croyaient être corruption et décadence.

Il y eut aussi une forte croyance en l’empire, dans les effets civilisateurs de ce que les Européens pouvaient apprendre à « ces races inférieures sans lois, » comme le disait Rudyard Kipling.

Les dernières décennies du 19ième siècle furent nommées la Belle Epoque, un âge matérialiste, hédoniste de paix et de richesse qu’aucun nuage lointain ne pourrait jamais menacer. Ou en tout cas c’est ce qu’il semblait.

Pourtant, aussi plaisants qu’ont pu être ces derniers jours de paix, il y avait des intellectuels mécontents. Adam Gopnik, dans le New Yorker, cite Thomas Mann sur la guerre en tant que nécessité morale, « à la fois une purge et une libération. » En Angleterre, « tout vestige d’Oscar Wilde serait enfin balayé, et le règne de Kipling serait assuré, » dit Gopnik.

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Est-ce que les plans Allemands pour la guerre de 1914 et le rêve Allemand de propager la Kultur à d’autres nations par la force ont eu un écho un siècle plus tard dans l’Amérique et ses plans pré-11 septembre d’envahir l’Iraq pour propager la démocratie et la Kultur Américaine à des races inférieures sans lois ? Si c’est le cas, alors l’assassinat de l’archiduc d’Autriche à Sarajevo en 1914, et ceux du 11 septembre 2001, ont fourni à chaque groupe d’idéalistes narcissiques la crise dont ils avaient besoin pour mettre leurs plans à exécution.

La politique étrangère de George Bush est qualifiée de « Wilsonienne, » mais peut-être qu’elle a plus à voir avec une Allemange Impériale qui pensait qu’une bouffée de poudre à canon et l’utilisation d’une puissance brute au service de l’empire pourrait rétablir une fibre morale, ainsi que refaire le monde à son image.

Comme les rêveurs Allemands de 1914, les guerriers de l’administration Bush n’avaient que peu de doute que leur Kultur était supérieure et que tous ceux à qui on l’imposait seraient en fin de compte reconnaissants. Ni l’état-major du kaiser, ni Donald Rumsfeld ne semblaient avoir le moindre doute que les guerres qu’ils préparaient ne seraient pas terminées avant Noël. L’Allemagne Impériale avait préparé son plan von Schlieffen pour la conquête de la France longtemps avant que les hostilités ne commencèrent, et les Etats-Unis avaient leur plan Wolfowitz pour l’Iraq bien avant que le 11 septembre ne présenta une occasion de l’utiliser.

Les rêveurs Allemands perdirent la guerre et leur kaiser. Les plannificateurs de la guerre de George Bush ont probablement perdu la guerre en Iraq et ont presque certainement rendu la bataille plus importante – celle contre le terrorisme extrêmiste Islamique – plus difficile.
Greenway a tort sur un point crucial : la notion qu’une Grande Guerre « pourrait rétablir une fibre morale » était aussi une partie de la campagne Wilsonienne de l’entrée de l’Amérique dans le conflit. A cet égard, les forces qui ont poussé Wilson et ses supporteurs et l’Allemagne Impériale étaient en grande partie les mêmes, et c’est de cette tradition que la politique étrangère de Bush résulte. Dans la période précédant la 1ère Guerre Mondiale, l’idée que la guerre représentait une force pour le « bien moral » était fermement défendue par certains intellectuels Américains – et plus particulièrement par un sous-groupe de ces intellectuels.

Le New Republic [NdT:journal Américain plutôt à gauche] aujourd’hui s’est mis au service de la machine de propagande de Bush, avec ses innombrables articles à la défense de la guerre en Iraq et son plaidoyer infatiguable pour un parti Démocrate « dur » sur les questions de sécurité nationale – « plus dur » encore que les Républicains. Mais l'histoire du New Republic des soutiens profondément erronés à une politique étrangère agressivement interventionniste et une Amérique militarisée est vieille de presque un siècle. Le magazine fut une force significative dans la poussée pour l’entrée de l’Amérique dans la 1ère Guerre Mondiale.

Comme Arthur Ekirch l’écrit dans The Decline of American Liberalism, Le Déclin du Libéralisme Américain (qui n’est aujourd’hui malheureusement plus imprimé) :
Dans le groupe du New Republic, personne n’était plus engagé dans le plaidoyer pour la préparation et la guerre que son éditeur. [Herbert] Croly, par exemple, croyait que le programme de préparation de 1916, bien qu’il violât les traditions historiques de l’Amérique, était nécessaire à cause de la déclaration du Président Wilson lors de l’été 1915 qu’il y avait un risque de guerre. Croly fit remarquer que les Etats-Unis, suivant le courant de l’histoire Européenne, pouvaient difficilement éviter d’adopter certaines des caractéristiques de la vie Européenne, y compris un certain degré de militarisation.

“La nation Américaine,” déclara-t-il, “a besoin du remontant d’une aventure morale sérieuse.”
On pourrait être capable de pardonner à Peter Beinart d’avoir complètement et gravement tort, même si je ne le peux pas en ce qui me concerne. C’est beaucoup plus difficile de lui pardonner d’être complètement prévisible. Mais il pourrait gagner un peu de temps, et simplement réimprimer les nombreux articles de Croly de la période de la 1ère Guerre Mondiale. (Et il pourrait apprendre une leçon morale très différente en envisageant l’horreur représentée par un résumé du nombre de tués et de blessés de la Grande Guerre. Essayez de saisir l’énormité de la tragédie contenue dans ces nombres. Personnellement je trouve ça impossible.)

Cela nous laisse encore la question sous-jacente : ce qui fait que tellement de personnes soient aussi portées à accepter la guerre sans fin, et qu’elles soient aussi réceptives aux appels à ‘une aventure morale sérieuse, » ou à la quête de « grandeur nationale », et à la recherche de « sens » dans la vie sous la forme de la guerre, la mort et la destruction ? Dans ce post d’octobre 2004, j’ai fait référence à mon essai, When Life and Happiness Are Not Enough, Quand la Vie et le Bonheur ne Suffisent Pas, j’offre une fois de plus quelques passages pertinents:
On devrait ici garder en tête une distinction importante. Je ne nierais jamais que les attaques du 11 septembre nécessitaient une réponse (et je pense que presque personne n’a défendu une telle position, malgré les déclarations du contraire de la part des faucons) ; en fait, j’ai indiqué à de nombreuses occasions que je crois qu’elles nécessitaient effectivement une réponse décisive. Mais si l’on tenait vraiment à éliminer des menaces terroristes futures, on aurait dû se concentrer sur toutes les causes qui y ont mené. Aucune de ces causes n’excusent de tels actes de barbarisme, mais elles expliquent certaines des forces qui ont mené à un résultat aussi horrible – et elles montrent aussi les changements dans notre politique étrangère qui minimiseraient les risques qui nous seraient imposés. Parmi ces changements, il y aurait une réduction, et finalement l’interruption, de notre politique étrangère agressivement interventionniste, une politique d’ingérence partout sur la planète qui a mené à des retours de flamme sous d’innombrables formes.

Mais ce que nous voyons dans la réaction des faucons et des néoconservateurs au 11 septembre, une réaction qui inclut leur grand plan pour reconstruire le monde continent par continent, est quelque chose de complètement différent : leur réponse n’est pas dirigée uniquement vers l’élimination de la menace terroriste. En fait, la vérité est encore plus dangereuse que cela : dans le sens le plus profond, je ne pense pas que leur réponse soit réellement guidée par ce but à aucun égard que ce soit. Souvenez-vous : comme l’article de Robin [dans le Washington Post] le montre, le mécontentement des conservateurs face à un gouvernement minimum dévoué ‘uniquement’ à appliquer les lois et les contrats, et qui ne fait ‘que’ promouvoir ‘l’intérêt personnel,’ est bien antérieur au 11 septembre. Ils mouraient d’envie et d’impatience de mettre en marche un plan beaucoup plus important – et le 11 septembre est tragiquement devenue la plateforme de lancement idéale pour leur projet mondial.

Robin fournit encore plus de preuves pour soutenir cette opinion.

...

Mais vous avez ici la tragédie profonde qui sous-tend la recherche sans fin de “sens,” et l’incapacité de nombreux néoconservateurs (et de nombreuses autres personnes, sans aucun doute) de trouver l’épanouissement dans le « simple » bonheur personnel. Parce que l’autonomie telle que définie par Miller n’a jamais existé pour ces gens – c’est-à-dire, parce qu’un moi réel, authentique, n’a jamais reçu la permission de se développer – de telles personnes n’ont pas de moi à satisfaire, ou à rendre heureux. L’accomplissement du bonheur personnel, dans le sens le plus profond, nécessite d’abord l’existence d’un moi neuf, véritable et plein de vie – qui à la fois se connaît et connaît les valeurs particulières qui l’amèneront au bonheur. Mais si ce moi n’a jamais pu naître lors de l’enfance, et si l’adulte est incapable ou non disposé à développer un moi authentique plus tard dans la vie, le bonheur personnel véritable est un fantasme qui ne deviendra jamais réalité.

Dans un tel cas, la personne sera poussée à chercher du “mystère,” de la “vitalité,” une grande “croisade,” ou une version de la “grandeur nationale” – et elle regardera avec mépris des choses comme les “marchés,” et l’application des lois et des contrats, et la paix, et la prospérité. De cette manière, également, la mort, la souffrance et la destruction deviennent « idéalisées » -- parce qu’elles apportent la promesse d’un « sens » plus grand.

Ce mécanisme sous-jacent explique aussi deux autres questions qui y sont liées.
Mon essai antérieur explore ces questions plus en détail.

Dans ce sens plus profond, si vous vous demandez pourquoi tant de millions de personnes sont mortes lors de la 1ère Guerre Mondiale, si vous vous demandez pourquoi tant de millions supplémentaires sont morts dans d’autres conflits non nécessaires, et si vous vous demandez pourquoi tellement de gens sont en train de mourir ou d’être terriblement blessés en Irak – une nation qui ne représentait aucune menace pour nous, et dont nos leaders savaient qu’elle ne représentait pas de menace pour nous – voilà pourquoi. Ils sont toujours poussés à trouver un « sens, » ils ont toujours besoin d’une « aventure morale sérieuse, » ils cherchent de la « vitalité » et de la « grandeur nationale » -- et ils ne connaissent aucun moyen d’accomplir ces fins, si ce n’est par le sang, et par une destruction, une douleur et une souffrance immenses.

Et comme c’est toujours le cas, avec seulement quelques exceptions, ils feront en sorte que d’autres auront à supporter le prix terrible de leur propre quête futile – et à laquelle eux-mêmes survivront, pour qu’ils puissent un jour à nouveau mener une autre « croisade. »

Publié par Arthur Silber, le 7 février 2006



Récapitulation des essais d'Arthur Silber sur le sujet de l'Iran:
Si vous suivez ce blog, alors vous savez que le sujet de la recherche de "sens" a déjà été abordé dans la traduction de cet article de Chris Floyd:
Contrastant avec ce niveau ordinaire et décourageant se trouve le domaine du transcendant : les « grandes questions » de la vie, les grandes abstractions – la nation, la foi, l’idéologie, l’honneur, la prospérité, la famille, la sécurité, la vertu, la gloire – pour lesquelles des millions se sont battus et sont morts. C’est le monde du pouvoir, nourri par les dynamiques de la domination et de la servitude – une dialectique qui gouverne les relations de tous les domaines : politique, économique, religieux, artistique, personnel. Partout, les hiérarchies abondent, même parmi les groupes les plus ouvertement égalitaires, des monastères aux plateaux de film, des ashrams aux collectivités activistes. Partout nous trouvons, comme le chantait Leonard Cohen, « les débats meurtriers/Qui se déroulent dans toutes les cuisines/Pour savoir qui va servir et qui va manger.»

Ceci, on nous laisse comprendre, est le véritable monde, le monde important, bien au-delà du train-train bruyant, fastidieux qui remplit le vide entre les contemplations et les exaltations. La Révolution Russe est évidemment une des grandes manifestations de cette dynamique, où les abstractions « transcendantales », renversantes de l’idéologie et de la haute politique (impérialisme, capitalisme, révolution, Bolchevisme) ont élevé des nations entières et produit une souffrance et une déshumanisation sur une échelle presque inimaginable. La « Guerre contre la Terreur » de l’ère moderne est bien partie pour surpasser la Révolution à ce niveau, avec sa rhétorique et ses abstractions grandement exagérées, ses contemplations de violence et ses exaltations de terreur – des deux côtés – nourrissant un conflit qui a déjà englouti des nations et déstabilisé le monde entier. Le paradigme de la domination – imprimé minutieusement dans nos consciences, si présent dans nos interactions, grandes et petites, publiques et privées – est le moteur de cette vaste machination de mort et de ruine.
Chris Floyd y parle de la philosophie décrite dans l'ouvrage très connu mais aussi très mal compris, Docteur Jivago, celle de l'épanouissement dans la vie de tous les jours, plutôt que dans le "monde supérieur" des "idéaux", qui est le même monde dont Arthur parle dans cet essai, lorsqu'il parle de la "grandeur nationale".

Pour ce qui concerne Allice Miller et l'indépendance du moi, cela a déjà été abordé de loin dans les derniers essais sur la torture du même Arthur Silber, ici, et . Un petit extrait:
En exigeant l'obéissance par-dessus tout à un enfant ( que ce soit par la punition physique, les moyens psychologiques, ou avec une combination des deux), les parents interdisent à l'enfant d'adopter un sens authentique du moi. Parce que les enfants sont complètement dépendants de leurs parents, ils n'osent pas remettre en question la bonté de leurs parents, ou leurs "bonnes intentions." En conséquence, quand les enfants sont punis, même s'ils ne sont punis pour aucune raison, ou pour aucune raison qui ait un sens, ils se culpabilisent et croient que la faute leur revient à eux. Ainsi, l'idéalisation de la figure de l'autorité peut continuer. De plus, l'enfant ne peut pas se permettre d'expérimenter sa propre souffrance, parce que cela, aussi, pourrait l'amener à contester ses parents.

De cette façon, on empêche l'enfant de développer un sens du moi réel et authentique. Alors qu'il grandit, la futilisation de son âme rend l'enfant insensible à la souffrance des autres. Au final, l'adulte en cours de maturation cherchera à exprimer sa colère réprimée sur des cibles externes, puisqu'il n'a jamais eu l'occasion de l'expérimenter et de l'exprimer dans des manières non destructrices. C'est ainsi que le cycle de la violence passe à la nouvelle génération (en utilisant le terme "violence" dans le sens le plus général). Une des conséquences supplémentaires est que l'adulte, qui n'a jamais développé un moi authentique, peut facilement transférer l'idéalisation de ses parents à une figure de l'autorité.
Et je vous laisse avec toutes ces pages à lire, en vous rappelant pour la millième fois que je suis un enfant gâté, alors qu'au contraire, Arthur Silber est un vieil homme, qui vit seul et sans ressources, autres que les donations qu'il reçoit de ses lecteurs. C'est un grand homme, et comme le dit Chris Floyd à la fin de son dernier article, il nous appartient à tous de protéger cette rare flamme dans ces ténèbres générales.

Le racisme a de beaux jours devant lui

Dans le Nord Littoral, la réaction de la maire (de droite) de Calais, après la nouvelle du viol d'une étudiante canadienne par un migrant:
Natacha Bouchart affiche sa fermeté
La maire de Calais est partagée entre affliction pour la victime canadienne et fermeté vis-à-vis des migrants : « C’est traumatisant. Ça laisse une image qui n’existait pas jusqu’alors. Je le dis avec beaucoup de présence mais aussi avec énormément de fermeté : on ne peut pas laisser faire des dérapages. Mon rôle est d’interpeller les services de l’Etat, de police et la Paf afin qu’on ait notre tranquillité à Calais. Je suis toujours tolérante mais ferme. On ne peut pas tout accepter. J’ai déjà informé les associations qu’il fallait faire passer le message auprès des migrants qu’il y a des règles, qu’ils sont en situation irrégulière, qu’il y a une tolérance. On ne peut pas accepter de dérapage mais aussi une non-prise en compte de notre patrimoine et de la propreté de la ville. Je suis consciente qu’ils vivent dans des conditions difficiles, mais c’est ce qu’ils veulent. S’ils le souhaitent, ils peuvent être accompagnés par les services de l’Etat. Il y a toujours la possibilité de les loger ou les nourrir dans un autre lieu qu’à Calais. C’est eux qui refusent l’aide qu’on veut leur apporter et ça pose problème aux Calaisiens. »
Le projet de Natacha Bouchart de conseil des migrants, réunissant municipalité, associations et représentants de l’Etat, devrait voir le jour prochainement. Une réunion va être organisée d’ici au 20 septembre, avant le conseil municipal. « Nous avons l’impression qu’aujourd’hui, il y a un peu plus de migrants, plus de femmes et d’enfants », note Natacha Bouchart en attaquant : « Ce qui est ennuyeux, c’est le nouveau squat derrière la zone Pagniez. Nous ne pouvons pas accepter que ça perdure. Ce sont des locaux privés. » Autre sujet de préoccupation, la question de trafic et de prostitution : « A chaque fois que j’ai une plainte, j’en informe le commissariat. Il m’apparaît nécessaire d’avoir un renforcement au niveau des services de la Paf et du commissariat pour démanteler ce type de réseaux et ne pas hésiter à le faire savoir. Il y a des gens derrière qui s’enrichissent de la misère humaine. »

mardi 26 août 2008

Le Piège Iranien - Le Mythe National

Quatrième essai, et qui tombe à pic après la déclaration de Sarkozy, lors de la commémoration à Maillé.


Tomber dans le piège Iranien, IV : Le Mythe National qui Nous Soutient – Et Son Inévitable Racisme



[1ère Partie: Une Décision Politique – et les Renseignements ne Comptent Pas (en Français ici)

2ème Partie: La Folie de l’Intervention (en Français ici)

3ème Partie: Guerre Mythique, Ennemis Éternels (en Français ici)]

J’ai re-posté ce que je pense être l’un de mes meilleurs essais de l’automne dernier : Mythes sur la Nouvelle-Orléans : Les Méchants et Pauvres Noirs – Qui Ont Eu Ce Qu’Ils Méritaient. La grande partie de cet article détaille les vicieux mensonges colportés sur les gens qui ont été incapables de quitter la Nouvelle-Orléans avant que l’Ouragan Katrina n'arrive. En me basant sur un excellent article de Tim Wise, j’ai avancé les preuves qui démontent entièrement les mythes répétés qui amenèrent bien trop d’Américains à conclure que ceux qui ont souffert des pires effets de Katrina ont simplement « eu ce qu’ils méritaient. » A la base, tous ces mythes, sans aucune exception, sont basés sur des vicieux stéréotypes raciaux.

Pour rester clair (et espérons-le, pour détourner les critiques invalides, que je recevrai sans doute malgré cet effort), je dirai ce qui suit : je suis fermement convaincu que, au niveau de ses principes fondateurs, les Etats-Unis ont représenté un chapitre unique et glorieux de l’histoire de l’humanité, en particulier à cause de la centralité des droits individuels dans la création de ce pays – et l’idée que le seul but légitime du gouvernement est la protection de ces droits. Mais ces principes fondateurs ont commencé à être rongés à plusieurs reprises vers la fin du 19ième siècle, et le 20ième siècle assista à leur affaiblissement au point que, je le suspecte sérieusement, on ne pourra plus revenir en arrière. Nous nous trouvons à présent dans les mains d’un étatisme corporatiste massif et en constante augmentation, un étatisme qui est néo-fasciste à la fois dans le ton et dans la conduite. La fusion de l’industrie soi-disant « privée » avec la force brute du gouvernement (et particulièrement avec le secteur militaire du gouvernement) est presque complète, et elle s’exprime non seulement dans nos affaires internes – mais aussi dans notre politique étrangère, où elle est bien visible dans la débâcle Irakienne.

Et malgré ce que je considère comme la véritable noblesse des principes fondateurs de ce pays, un fil très important et profondément repoussant a été tissé dans la structure des États-Unis depuis le départ. Ce fil était un racisme virulent, qui s’attaquait non seulement aux Noirs en tant qu’esclaves – et une institution plus maléfique que l’esclavage n'est pas connue dans l'histoire de l’humanité – mais aussi à d’autres groupes : les premiers habitants de l’Amérique du Nord. Si vous êtes prêts à tester profondément, voire renverser entièrement, toutes vos croyances sur ces premiers Américains (et je dis cela même si vous considérez que votre opinion à ce sujet est « éclairée »), je vous conseille fortement le livre fascinant de Charles C. Mann, 1491: New Revelations of the Americas Before Columbus. [NdT : Nouvelles révélérations sur les Amériques d’Avant Colomb] Je prévois d’inclure quelques extraits des travaux de Mann dans les essais à venir, et je peux vous assurer qu'après l’avoir lu, vous ne verrez plus le monde exactement de la même façon. Et votre opinion sur l’histoire américaine sera significativement altérée.

Mais le racisme dont je parle s’étend toujours plus loin et, aussi terrible que les conséquences ont été à l’intérieur de nos frontières (et qui sont toujours terribles aujourd’hui de nombreux manières), il s’étend pour faire toujours plus de dégâts. C’est parce qu’il vient du genre de perspective générale dont j’ai commencé à parler dans la 3ième partie de cette série sur l’Iran et, par implication, il affecte les vues de nombreux Américains sur le monde entier, et sur tous les nombreux peuples qui y vivent. Parce que je savais que j’avais l’intention d’écrire beaucoup plus sur ce thème, j’ai résumé cette perspective – ce mythe national sur lequel la majorité des Américains insistent – au départ de l’essai à propos des Mythes sur la Nouvelle-Orléans. Et j’ai fait le lien entre cette perspective et ses conséquences à la fois nationales et internationales :
Les attaques du 11 septembre ont arraché une partie significative du vernis de civilisation qui nous avait empêché de voir certaines vérités continues et affreuses sur nous-mêmes. A la suite des attaques ce jour-là, nombre d’entre nous – menés par notre président, encouragés par les néoconservateurs, et aussi par de nombreux conservateurs et liberventionnistes (ces soi-disant « libertaires, » qui pensent que le gouvernement devrait ne pas se mêler de nos vies chez nous mais devrait en même temps tenter de réarranger le monde par la force militaire – et qui semblent penser que ne jamais même reconnaître cette contradiction, et encore moins essayer de la justifier, représente le summum de l’intégrité intellectuelle) – ont enthousiastement embrassé un simple scénario : la civilisation Occidentale, en particulier les États-Unis, constitue le point final du développement humain. Seules la « liberté » et la « démocratie » telles qu’elles sont pratiquées dans l’Occident peuvent garantir un futur pacifique. (Peu importe que l’Occident possède une histoire ininterrompue de guerres dans ses propres rangs, et peu importe que l’Occident ait constamment interféré avec le reste du monde pendant des siècles.)

L’Occident a la réponse nécessaire pour mener une vie humaine réussie. Puisqu’il l’a, et puisque certains éléments dans le reste du monde ont choisi de nous attaquer sur notre propre sol (et peu importe que nous ayons envahi et dirigé de vastes portions du reste du monde de temps immémorial), nous devons éclairer ces ténèbreuses portions du monde pour nous défendre. Notre méthode privilégiée d’éclairage est la force militaire brute, que l’on déploie même contre des pays qui ne nous ont pas menacé. L’absence de menace réelle n’a pas d’importance lorsqu’il s’agit d’étendre notre version de la « civilisation, » car notre mission n’est pas seulement enracinée dans l’auto-défense : c’est aussi une mission morale. Notre succès et notre « paix » sont directement corrélés à notre vertu. Ces pays et ces civilisations qui n’apprécient pas le même succès et la même paix n’ont pas de vertus. Dans la version la plus extrême (et, on pourrait dire, la plus cohérente) de ce conte, les parties non-Occidentales du monde sont moins qu’humaines – et elles sont sous-humaines par choix. Elles sont immorales, et parfois même malfaisantes. Puisque nous représentons le bien et qu’ils représentent le mal, nous avons certainement le droit de les améliorer, par l’invasion et le bombardement si nécessaire. S’ils ne nous menacent pas aujourd’hui, ils pourraient le faire à un moment indéterminé dans le futur. Et bien qu’il se peut que nous tuions de nombreux civils innocents lors de nos campagnes de civilisation, ceux qui survivent iront bien mieux qu’ils ne l’auraient été autrement. Et puis, à quel point peuvent-ils être « innocents » -- puisqu’ils sont les membres de civilisations inférieures, moins humaines, et puisqu’ils choisissent de l’être ?

Cette histoire peut avoir la vertu de la simplicité et le charme de notions qui soutiennent un sens affaibli de vertu – mais elle est aussi gravement, terriblement fausse. Elle ignore le long mouvement de l’histoire et les questions complexes de philosophie, de moralité et de politique. Je parlerai des nombreux aspects de ces erreurs dans les semaines à venir. On devrait remarquer que, hormis le fait d’être fausse pour d’innombrables raisons, cette histoire contient les graines d’une destruction immense. La destruction que nous avons vu dans les dernières années pourrait n’être que le prélude à une destruction future infiniment plus grande. [Rien de tout ceci ne nie ou minimise le fait que nous avons de réels ennemis qui doivent être combattus. Mais notre politique étrangère actuelle ne cible plus ces ennemis, et ce n’est pas seulement depuis l’invasion de l’Iraq. La fable racontée par ceux qui défendent notre politique étrangère est cruciale pour le projet actuel de « recréation » du globe, au nom d’une « hégémonie mondiale bienveillante. » Les Utopistes de tous types qui cherchent à rendre réelles leurs illusions ont toujours besoin de tels contes destructeurs. Comme je l’indique, j’aurai beaucoup plus à dire à ce sujet.]

La fable colportée après le 11 septembre s’occupait de problèmes liés au monde entier. La suite de l’Ouragan Katrina a démasqué un corollaire à ce conte. Cette fois-ci, le scénario se déroulait à l’intérieur de nos frontières – mais il n’en était pas moins affreux. En fait, la fable nationale qui a pris racine dans de grandes parties de nos médias et parmi nombre d’intellectuels soi-disant « respectables » a confirmé que les anciennes haines ne nous ont jamais quittés. Ces haines révèlent la plus virulente forme de racisme – et elles devraient faire hésiter tous ceux qui défendent le genre de « civilisation » qu’ils soutiennent que nous avons moralement le droit d’exporter par l’utilisation de missiles, de bombes et de balles.

Ce qui est le plus effrayant dans la ténacité de ces préjugés c’est le degré immense avec lequel ils sont contredits par les faits. Mais quand des gens sont dominés par la peur et par les exigences d’une fausse croyance dans leur propre supériorité, les faits sont facilement supprimés, s'ils ne sont pas ignorés avant ça. Nous n’avons aucune raison d’être surpris par ces récentes révélations : dans une culture où on offre aux colporteurs de propagande raciste comme Charles Murray et Michelle Malkin des opportunités de vomir leur ignorance et leurs mensonges flagrants à de larges publics, les préjugés et la haine irraisonnée ne sont pas simplement des annexes comparativement insignifiants à la discussion : ils sont la base de notre alimentation. Nous devrions reconnaître la létalité d’une telle alimentation : si nous ne cherchons pas à la changer et à la mettre en accord avec les faits, elle finira par nous tuer.
Vous pouvez voir comment ce mythe national (et plus généralement ce mythe Occidental) est lié de très près à la « réalité mythique » de la guerre décrite par Chris Hedges et « l’Idée de Progrès » Occidentale examinée par Robert Merry, dont j’ai parlé dans la 3ième Partie.

Au cours des dernières années, nous avons assisté à des explosions périodiques et regrettablement prévisibles d’un vicieux racisme dirigé contre les Arabes et les Musulmans. Même une faible familiarité avec l’histoire américaine révèlerait que l’on ne pouvait que s’y attendre. Dans un post de mai 2004 – " The Flames of Hatred, Then -- and Now"[NdT : Les Flammes de la Haine, Avant – et Aujourd’hui] -- j’ai détaillé l’hystérie anti-Allemande de la Première Guerre Mondiale (et pas de la Deuxième, j’insiste là-dessus), et j’ai offert des exemples parallèles de haine dirigée vers les Arabes et les Musulmans aujourd’hui. J’attire votre attention sur deux brefs extraits de ce post. D’abord, sur la Première Guerre Mondiale :
Une deuxième technique de propagande utilisée par le CPI [le Comité d’Information Publique des Etats-Unis] était la démonisation de l’ennemi. « Si grandes sont les résistances psychologiques à la guerre dans les nations modernes, » écrivit Lasswell « que toutes les guerres doivent sembler être des guerres pour la défense contre un agresseur menaçant et meurtrier. Il ne doit y avoir aucune ambiguïté sur ce que le public doit détester. »
Et ensuite, de la part d’un faucon propagandiste particulièrement flagrant et repoussant d’aujourd’hui :
[L]’administration semble complètement ignorer à quel point l’Américain moyen en a ras le bol des Arabes, elle l’ignore parce qu’il est politiquement incorrect d’exprimer de tels sentiments d’hostilité directe : mais ce qui est politiquement incorrect d’exprimer est bien trop souvent la motivation qui soutient ces mouvements soudains et spontanés de la pensée populaire, qui ne semblaient venir de nulle part que parce qu’ils venaient d’un endroit ignoré de la plupart des commentateurs et des prophètes salariés, en quelques mots : les sentiments basiques du gars ordinaire.

De nombreux Américains souhaitent simplement que les Arabes s’en aillent ; d’autres souhaitent les descendre – et souhaitent les descendre non pas parce qu’ils voient cette étape comme inévitable et tragique, mais parce qu’ils se réjouissent à l’idée de se venger pour ce qu’ils nous ont faits. La plupart des Américains normaux aujourd’hui se fichent simplement des Arabes et de leur bien-être, ou de leur humiliation, ou de leurs rancunes historiques, tout simplement parce que les images qui nous viennent de leur monde nous horrifient et nous scandalisent, y compris les images troublantes d’Américains faisant des choses qu’aucun américain normal ne rêverait jamais de faire à d’autres personnes chez nous, si ce n’est parce qu’on ne leur donnerait jamais l'occasion de le faire.

Voilà comment la plupart des Américains normaux se sentent aujourd’hui…
J’ai lu et relu ce passage plusieurs fois cette dernière semaine, et je n’ai pas les mots pour exprimer à quel point je le trouve profondément dégoûtant. L’appeler profondément inhumain et complètement antithétique à l’idée même de civilisation elle-même ne commence même pas à décrire son côté dégoûtant et barbare. Pour le dire plus simplement : ceci est la voix d’un monstre. Et remarquez la prétention incroyable de ce que cet auteur dit : il avance, sans le moindre petit doute, que « la plupart des américains normaux » sont dévorés par la haine et par le désir d’assassiner des millions et des millions de gens – dont la plupart n’ont fait aucun mal à aucun Américain que ce soit, et dont la plupart ne le souhaitent même pas.

C’est le genre le plus primitif du racisme – un racisme animé par une haine complètement irraisonnée, aveugle et meurtrière, qui souhaite effacer un nombre énorme de gens, simplement parce qu’il se trouve qu’ils appartiennent à un groupe qui a été désigné pour la vengeance et la destruction. C’est le genre de monstre que l’on rencontrerait aux plus bas niveaux de l’enfer. Un être humain ne peut pas être plus méprisable. Ce n’est pas seulement sous- ou non-humain : c’est anti-humain.

Tragiquement, comme ces extraits le révèlent – et comme notre propre histoire d’esclavage et de destruction de ces peuples qui ont vécu en Amérique avant que les Européens n’arrivent le confirme également – une telle haine est un thème constant dans notre histoire. Parce que de nombreux Américains refusent de reconnaître ce fait incontestable, et parce que cet accent dans notre histoire nationale est crucial pour comprendre ce qui transpire aujourd’hui, je vais offrir dès maintenant d’autres exemples – concernant le même genre de racisme lors de la 2ième Guerre Mondiale.

Les extraits suivants font partie du livre informatif et éclairant de Thomas Fleming, The New Dealers' War: F.D.R. and the War within World War II [NdT : La Guerre des New Dealers* : F.D.Roosevelt et la Guerre à l’Intérieur de la 2nde Guerre Mondiale]. Si vous ne connaissez pas les détails de cette partie de notre histoire, vous devriez vous asseoir avant de lire ce qui suit :
De l’autre côté de la planète, la haine des races était en train d’être prêchée avec une férocité qui arrivait au niveau de tout de ce que Joseph Goebbels produisait dans son moulin à propagande de Berlin. Ici, les prêcheurs étaient Américains. L’attaque surprise sur Pearl Harbor lança les Américains dans des paroxysmes de rage raciale et même génocidaire contre les Japonais. Le Time résuma la réaction standard Américaine : « Quels petits bâtards jaunes ! » [NdT : jaune signifie aussi peureux] Jaune devint un épithète ainsi qu’un adjectif descriptif dans d’innombrables références aux Japonais.

Un armateur Américain vanta son nouveau fusil sous-marin en disant qu’il était particulièrement bon pour « faire des trous rouges dans les petits hommes jaunes. » Le Reader’s Digest publia un article sur la psychologie Japonaise commençant par les mots : « Regardons à l’intérieur d’une de ces têtes jaunes et voyons ce qu’elle contient. » Newsreels fit régulièrement référence aux Japonais avec les mots « bedon-jaunes » et « bâtards jaunes »…

L’Amiral William « Bull » Halsey, le plus direct des commandants de l’armée du Pacifique, adorait dire qu’après la guerre, le Japonais ne serait parlé qu’en enfer. « Un bon Japonais est un Japonais mort depuis six mois, » a dit Halsey, surpassant la sauvagerie de l’attitude envers les Indiens. Même après la guerre, dans ses mémoires, Halsey fit référence aux Japonais avec le mot « animaux. »

Le concept de l’Allemand décent, piégé par le courant Nazi maléfique, est resté en force dans la plupart des esprits Américains à travers la guerre. Il y avait peu de chose dans les films, les articles, ou les discours, qui encourageait l’idée d’un Japonais décent, également piégé par le plongeon tête la première de sa nation dans le militarisme. Chacun, depuis les journalistes jusqu’au Président Roosevelt, utilisait périodiquement le terme déshumanisant « Jap, » et comparait régulièrement les soldats et les civils Japonais à des singes, des babouins, et des gorilles. L’Amiral Halsey aimait surtout la métaphore du singe, tout y en attachant invariablement le mot « jaune ». A un moment Halsey déclara qu’il ne pouvait pas attendre de prendre le large « pour se faire un peu plus de viande de singe. »

...

Les rats étaient une autre métaphore favorite pour décrire les Japonais. Une grande parade patriotique, à New York en 1942, montrait une flotte avec un aigle américain menant des bombardiers à un assaut sur un groupe de rats en fuite. C’était une des démonstrations les plus populaires de la parade. C’était donc peu étonnant que les marines américains se lancèrent dans l’action du Pacifique avec les mots « Exterminateur de Rongeurs » gravés sur leurs casques. Ou que des Américains et des Australiens trouvèrent facile de tuer les quelques Japonais qui offrirent de se rendre à Guadalcanal, Nouvelle-Guinée, et d’autres îles.

Les New Dealers et les autres autour du président ne firent aucun effort pour altérer cette guerre déshumanisante contre les Japonais. En septembre 1942, l’Amiral William Leahy, le chef d’état-major de la Maison Blanche sous Roosevelt, déclara au Vice-Président Henry Wallace que le Japon était « notre Carthage », et que « nous devrions y aller et le détruire entièrement. » Wallace nota ce sentiment sans ajouter d’objection dans son journal. Elliott Roosevelt, le fils du président, déclara à Wallace quelques mois plus tard qu’il pensait que les Américains devraient tuer « à peu près la moitié de la population civile Japonaise. » Le New Dealer Paul McNutt, président de la Commission de la Main d’œuvre de Guerre, alla encore plus loin, conseillant «l’extermination de la totalité des Japonais. »
Et voici un passage un peu plus loin dans le livre de Fleming :
Dans le Pacifique, la guerre avec le Japon monta en intensité. Les Américains chancelèrent sous la férocité et la ténacité de la résistance Japonaise. La première série d’îles attaquée fut les Gilberts, avec l’atoll de Tarawa comme la cible principale. Encerclés par une armada aérienne et navale qui faisait pleuvoir plus de 3 000 tonnes de bombes et d’obus sur leur sablière, les 5 000 japonais refusèrent de se rendre, et infligèrent de terribles pertes aux marines à l'assaut, alors qu’ils progressaient sur la plage. Après un jour et demi de combat sanguinaire, les derniers Japonais transmirent à Tokyo par radio : « Nos armes ont été détruites et tout le monde tente un dernier assaut. » Criant le nom de l’empereur, ils se lancèrent dans la gueule des mitrailleuses des marines.

Ce comportement héroïque amena un nouveau degré de haine raciale. Les Américains commencèrent à écrire dans des magazines populaires que le soldat Japonais était un « individu idiot. » Un marine écrivit que les Japonais étaient « complètement fous, mal dans leur tête. » Le American Legion Magazine publia un article titre : « Ces Nips sont Cinglés. » [NdT:Nip pour nippon] Cette croyance en la folie nationale du Japon fut combinée avec une perception grandissante que la race était à la racine de cette lutte. Un article de Hearst présenta la guerre en Europe comme une « bataille familiale » alors que dans la lutte avec le Japon c’était le futur de la civilisation Occidentale qui était en jeu. Un autre article dans Hearst voyait cette guerre comme une « guerre des races Orientales contre les races Occidentales pour la domination du monde. »

Certains auteurs Occidentaux avec une connaissance de l’Asie furent horrifiés par ce racisme endémique. Pearl Buck risqua son statut en tant qu’auteur de best-seller, en le condamnant dans des discours et dans son roman de 1943, The Promise, sur le combat entre les Britanniques alliés aux Chinois, et les Japonais, en Birmanie. Elle décrivit les Britanniques comme étant infectés par des attitudes racistes incurables, qui les amenaient à considérer les Asiatiques comme des sous-hommes, même ceux d’entre eux avec lesquels ils étaient alliés. Buck prévint que les hommes blancs faisaient une bourde qui mènerait à une ruineuse guerre future entre l’Est et l’Ouest.
Et aujourd’hui on nous dit une fois encore que « le futur de la civilisation Occidentale [est] en jeu » et que nous sommes en guerre « pour la domination du monde. » Et nous revoyons à nouveau le même racisme irraisonné, plein de haine – mais à présent il est dirigé en premier lieu vers les peuples du Moyen-Orient.

Comme Chris Hedges le note, nous sommes la réflexion exacte des militants Islamistes à ce niveau crucial : «Dans la guerre mythique, nous combattons des absolus. Nous devons vaincre les ténèbres. Il est impératif et inévitable pour la civilisation, pour le monde libre, que le bien triomphe, tout comme les militants Islamiques nous voient comme des infidèles dont l’existence corrompt la société Islamique pure qu’ils espèrent bâtir. » Nous insistons sur notre opinion, comme Merry l’exprime, que « l’Amérique et l’Occident représentent une culture universelle à son apogée, qui offrirait la paix et le bonheur aux autres peuples du monde, si seulement ils acceptaient d'embrasser cette dernière… »-- et s’ils ne l’embrassent pas, alors nous devons les démoniser, tous.

Et inévitablement, nous devons les détruire – tous.

A suivre.

Posté par Arthur Silber le 6 février 2006




*: Sans doute les créateurs et les défenseurs du New Deal, le projet qui a sorti des millions de la pauvreté et qui a remis en marche l'économie Américaine après le Krach de 1929. Il y a beaucoup de littérature sur le sujet, et les libertaires sont très critiques de ce plan. Il faut dire qu'en même temps que le gouvernement créait des programmes pour aider les plus pauvres, ses prérogatives se sont étendues, ainsi que son rayon d'action, et le non-interventionnisme a pris un coup. L'interventionnisme, qui est contraire à la philosophie des Pères Fondateurs, avait déjà été mis à mal par les invasions de petits pays et la création de protectorats au nom de la Destinée Manifeste. Les Etats-Unis ont également envahi les Philippines et fait des milliers de morts parmi les civils, en 1899 ! Ça fait un bail qu'ils font ça, hein ?

En bref, 'New Dealers' est sans doute une désignation dédaigneuse, et je n'arrive pas à me prononcer sur l'opportunité d'un tel sentiment.


Je sais qu'il y a certaines personnes qui vont lire ceci et qui viendront d'Arrêt sur Images. Il reste encore plusieurs essais dans cette série. Ils sont listés à la fin de cette entrée, si vous n'avez pas envie d'attendre que je les traduise.

Et aussi, si vous avez de l'argent, vous pouvez faire une donation à Arthur Silber sur sa page d'accueil. C'est un vieil homme, parfois malade, qui vit seul avec ses chats, et sans aucune ressource, autre que les donations de ses lecteurs.

samedi 23 août 2008

My mom in a film

« L’EXIL ET LE ROYAUME » - France de Andreï Schtakleff et Jonathan Le Fourn

Il faut fuir. On franchit les montagnes. On traverse les mers. Et puis on arrive là. Une muraille de mer et de technologie. Avec angoisse, on se retourne. Tout est en train de s’effacer. Le monde disparaît. Aujourd’hui que Sangatte n’existe plus, il est possible de regarder à côté, de suivre les traces et d’être emmené par les corps de ceux qui sont là.

"THE EXILE AND THE KINGDOM" - France from Andreï Schtakleff and Jonathan Le Fourn

Gotta escape. We go through mountains. We cross the seas. And then we arrive here. A wall of sea and technology. With anguish, we turn back. Everything is fading away. The world disappears. Now that Sangatte is no more, it's possible to look to the side, follow the marks, and be carried by the bodies of those who are there.

I have known about this project for a long long time, but I didn't think it would go that far. It was actually selected by the "Mostra de Venise" film festival. It's also selected there. Granted, there's a whooole lot of films selected, and each seems just as important/good as this one. Still, I want to say good job to the directors for reaching that point.

And here is the press kit. My mom appears on page 9, with a speech on page 8 that should please all the reds and pinks out there. :-)

Hope this gets the attention it deserves.

vendredi 22 août 2008

Le Piège Iranien - La Guerre Mythique

Troisième partie de la série d'Arthur Silber sur l'Iran, et peut-être la plus intéressante de toutes.


Tomber dans le Piège Iranien, III : Guerre Mythique, Ennemis Éternels



[1ère Partie : Une Décision Politique – et les Renseignements ne Comptent Pas (en Français ici)

2ème Partie : La Folie de l’Intervention (en Français ici)]

[ET 4ème Partie: Le Mythe National qui Nous Soutient – et Son Inévitable Racisme]

Dans les dernières parties de cette série, j’offrirai quelques pensées sur la nature des campagnes de propagande lancées par l’administration Bush et nos médias ces dernières années – d’abord pour ce qui est de l’Iraq, et maintenant pour ce qui est de l’Iran. Les dynamiques des campagnes sont identiques – et le degré avec lequel elles ont conquis les capacités critiques et analytiques de la majorité des gens est, en un mot, épouvantable. C’est également incroyablement dangereux. J’indiquerai aussi une façon totalement différente de considérer le « problème Iranien » : je montrerai que le problème n'en est pas un, du moins pas de la façon dont on nous le raconte, et qu’il y a une autre manière de s'occuper de l’Iran – une manière qui n’implique pas la guerre et la destruction, à une échelle potentiellement effroyable. Consultez la deuxième partie de cet essai (« Déclencher l’Armageddon : Et après ? ») pour voir à quel point exactement cela pourrait être effroyable – et notez que la plupart des faucons ne parlent jamais d’aucune de ces possibilités.

Le niveau de saturation des opinions de la plupart des Américains par la propagande sur l’Iran est vraiment ahurissant. A ce niveau, on s’attend avec certitude à ce que tous les supporters de Bush, y compris presque tous les Républicains et les conservateurs ( et même la plupart des soi-disant « libertaires » qui sont si nombreux aujourd’hui ) recracheront l’argument qu’un Iran avec des armes nucléaires est un ennemi de la civilisation de l’ordre de Hitler, et que nous ne devons pas commettre « l’erreur de Munich » à nouveau. Comme un seul homme, ils nous disent qu’un Iran nucléaire est complètement « inacceptable » et ne peut pas être toléré. J’aurai plus à dire sur la mentalité qui sous-tend cette approche plus tard. Pour l’instant, je me contenterai de noter que, alors que la catastrophe de l’Iraq continue de se dérouler chaque jour, il est absolument extraordinaire que qui que ce soit annonce qu’un Iran nucléaire est « inacceptable » -- comme si cette phrase avait la moindre signification, et comme si elle signifiait que nous pouvions imposer notre opinion sur le monde entier par la force militaire. Nous sommes incapables de contrôler les évènements que nous avons déclenché en Iraq, une nation qui était un pays de troisième/quatrième grade (ou moins encore) au niveau de la menace qu’il représentait – et maintenant nous allons donner des ordres à un pays qui est grandement supérieur en force militaire et en territoire ? Si le sujet n’était pas aussi sérieux, ce serait à mourir de rire.

Mais la propagande sur l’Iran a même infecté de nombreux libéraux et progressistes. Hier, Atrios a noté ce qui suit :
La nuit dernière, pendant l’Etat de l’Union (SOTU), lorsque j’étais au CAP Action Fund avec Sam Seder, je suis passé à l’antenne quelque temps avec Amy Sullivan du Washington Monthly. Seder nous a demandé de nommer la plus grande menace pour la République, hormis George Bush et Dick Cheney. Sullivan a répondu, avec le plus grand sérieux du monde, l’Iran.
De la même manière, j’ai lu ceci sur la page principale de Daily Kos la semaine dernière :
Il y a peu de doute qu’un Iran nucléaire est la plus grande menace auquel le monde fait maintenant face – le problème de politique étrangère le plus pressant qui nous fait face aujourd’hui.
Pendant un moment je pensais que j’avais cliqué sur un lien menant à la dernière diatribe de Michael Ledeen, ou à un autre propagandiste du National Review. Comme je l’ai indiqué, je montrerai plus tard dans cette série que cette opinion est complètement indéfendable. « La plus grande menace auquel le monde fait maintenant face » ? « Le problème de politique étrangère le plus pressant » ? Je trouve qu’il est tout simplement ahurissant que le blog le plus lu parmi les libéraux souligne une opinion aussi illusoire – et il n’y a aucune autre façon de la décrire correctement. Cela, et ce sera l’argument principal de Bush utilisé pour sa propagande sur l’Iran, aujourd’hui et dans le futur, un argument qui sera sagement répété par la plupart des médias. Pourquoi est-ce que Daily Kos le répète aussi docilement ? (Il est clair d’après certains commentaires sur ce post que cette opinion est loin d’être unique sur Daily Kos.)

Dans une réponse à la distorsion de ses opinions par Byron York (un genre de distorsion dont Atrios a dit avec justesse qu'elle sera la Procédure Standard pour les prochaines années), Atrios a fait remarquer que, si on doit comparer les menaces, la Corée du Nord et le Pakistan peuvent certainement être vus comme des menaces du même ordre, à peu près, qu’un Iran nucléaire. Si nous parlons des menaces nucléaires en général, j’en ajouterais deux autres comme ça en vitesse: la Russie, dont on nous rappelle régulièrement qu’elle a perdu un nombre inconnu de bombes nucléaires, des bombes qui circulent toujours dans des mains qu’on n’est pas sûr de connaître – et la Chine, qui pourrait (entre autres possibilités) simplement attendre le moment où les Etats-Unis sont les plus vulnérables pour enfin régler ses comptes avec Taïwan. Ce moment de vulnérabilité pourrait bien venir à la suite d’une attaque monumentalement mal-avisée des Etats-Unis sur l’Iran. Et pourtant, ce genre de possibilité est également soigneusement ignorée par les faucons.

J’aurai pas mal de choses à dire pour ce qui est du démontage de la notion « inacceptable » d’un Iran nucléaire. Dans l’atmosphère intellectuelle corrompue qui nous entoure et qui rend les débats politiques sérieux strictement impossibles, je suis obligé de noter que je ne veux certainement pas dire qu’un Iran nucléaire serait un bon développement, ou un développement positif. Dans le sens le plus large, je ne crois pas qu’il soit bon ou positif qu’aucune nation que ce soit possède des armes nucléaires. Et je n’ai certainement pas besoin de rappeler aux lecteurs qu’il n’y a, en fait, qu’une nation qui ait jamais utilisé des armes nucléaires. Indice : ce n’est pas l’un de nos ennemis. (Et pour le moment, jetez un œil à cette colonne de Paul Craig Roberts d’août dernier, où il compare les menaces respectives de l’Iran et de la Chine – et où il fait remarquer les politiques incompréhensibles de l’administration Bush, étant donné ses inquiétudes supposées et ses propres objectifs déclarés.)

Etant donné la facilité avec laquelle on peut démonter la notion ridicule qu’un Iran nucléaire constituerait « la plus grande menace » dans le monde, il est très inquiétant de voir à quel point cette opinion s’est complètement emparée du débat rationnel sur le sujet. C’est encore plus inquiétant quand on se rappelle que nous ne parlons que d’une possibilité. Mais regardez comment une partie centrale de la campagne de propagande fonctionne : il y a quelques mois, les estimations habituelles indiquant le temps nécessaire pour que l’Iran développe des armes nucléaires étaient d’environ dix ans. Puis elles ont été réduites à cinq ans. Et maintenant, les gens parlent comme si l’Iran allait avoir des armes nucléaires dans les prochains mois. L’implication inévitable de cette tactique est évidente, c’est celle que Bush a utilisé aussi désastreusement avec l’Iraq : nous devons agir maintenant. Nous devons faire quelque chose maintenant. Il n’y a qu’un seul mot pour décrire cette approche : ce n’est pas une discussion réfléchie – c’est de l’hystérie, purement et simplement.

Alors, la question se pose : comment se fait-il que tant de gens, que l’on trouve dans tous les coins du spectre politique, sont toujours tellement prêts à croire à ce genre de propagande ? Est-ce qu’il y a quelque chose dans notre méthode générale et dans notre approche qui nous rend particulièrement susceptible à ce genre de provocation hystérique ? Sommes nous prédisposés à trouver des ennemis – et pas seulement l’ennemi habituel, mais « la plus grande menace à la République » et « la plus large menace » au monde entier – alors que le véritable ennemi est largement différent en nature et en magnitude de la version cauchemardesque en carton-pâte que les propagandistes nous offrent ?

Des réponses complètes à ces questions nécessiteraient un livre tout entier. Ici, j’indiquerai en termes généraux quelques uns des éléments impliqués. La première partie de la réponse se trouve dans la réalité mythique de la guerre dont j’ai parlé l’autre jour. J’ai offert quelques extraits du livre de Chris Hedges, ‘War Is a Force that Gives Us Meaning’[NdT:La guerre est une force qui nous donne du sens], et je vous rappelle quelques extraits cruciaux :
Mais dans la guerre mythique nous imprégnons les évènements d’un sens qu’ils n’ont pas. Nous voyons les défaites comme des balises sur le chemin vers la victoire finale. Nous démonisons l’ennemi pour que notre adversaire ne soit plus humain. Nous nous regardons, nous, notre peuple, comme l’incarnation du bien absolu. Nos ennemis inversent notre vue du monde pour justifier leur propre cruauté. Dans la plupart des guerres mythiques, c’est le cas. Chaque camp réduit l’autre à des objets – et en fin de compte à des cadavres.

...

Lorsque nous laissons la réalité mythique régner, comme elle le fait presque toujours en temps de guerre, alors il ne reste qu’une solution – la force. Dans la guerre mythique, nous combattons des absolus. Nous devons vaincre les ténèbres. Il est impératif et inévitable pour la civilisation, pour le monde libre, que le bien triomphe, tout comme les militants Islamiques nous voient comme des infidèles dont l’existence corrompt la société Islamique pure qu’ils espèrent bâtir. [Voir Le Croisé de l’Apocalypse pour en lire plus sur ce sujet]

...

La puissance du mythe tient dans le fait qu’il nous permet de donner un sens au chaos et à la mort violente… En transformant l’histoire en mythe, nous transformons des évènements aléatoires en une série d’évènements dirigés par une volonté supérieure à la nôtre, une volonté déterminée et pré ordonnée. Nous sommes élevés au-dessus de la multitude. Nous marchons vers la noblesse. Et notre société est protégée.
Ceci entre en parallèle de nombreuses manières avec certaines observations de la part de Robert W. Merry, dans Sands of Empire: Missionary Zeal, American Foreign Policy, and the Hazards of Global Ambition [NdT: Sables de l'empire: le zèle missionnaire, la politique étrangère américaine, et les dangers de l'ambition mondiale].Merry parle d’une des fondations de notre pensée, « l’Idée de Progrès, » et remarque que « c’est un concept spécifique à l’Occident. » C’est la notion que l’humanité a avancé à travers les siècles à travers des périodes de développement de plus en plus rapides, depuis le stade primitif et le barbarisme, jusqu'à l’illumination et la civilisation – et cette humanité continuera d’avancer tant que l'homme existera sur la terre. »

Merry insiste que cette idée sous-tend la politique étrangère de l’Amérique en général, une politique que les Républicains et les Démocrates embrassent (dans les grandes lignes). C’est l’idée que « l’Amérique et l’Occident représentent une culture universelle à son apogée, qui offrirait la paix et le bonheur aux autres peuples du monde, si seulement ils acceptaient d'embrasser cette dernière… » Strobe Talbott, l'assistant au secrétaire d’État sous Clinton, a maintenu que la politique étrangère des Etats-Unis avait « consciemment pour but de soutenir des valeurs universelles » -- et Bush, bien sûr, chante ce refrain encore et encore pour défendre le désastre Iraqien, et pour défendre sa politique étrangère plus généralement. De toute évidence, l’on peut argumenter qu’il y a des différences importantes sur quel pays et quel conflit l’on choisit de lancer, même si la perspective principale est la même – mais mon problème ici est plus général : l’idée qu’il y a une solution universelle aux problèmes du monde, et que nous la possédons.

J’ai souvent cité ce passage du livre The March of Folly [La marche de la folie], de Barbara Tuchman, et je l’offre ici encore – parce qu’il identifie avec concision l’erreur dangereuse de cette opinion. En discutant de la manière dont notre implication au Vietnam s’est développée, Tuchman écrit :
Les Américains parlaient toujours de la liberté de ne pas être Communiste, alors que la liberté que les Vietnamiens voulaient, c'était la liberté de ne pas être exploités, que ce soit par les Français ou par d'autres Vietnamiens. L'idée que l'humanité partageait en grande partie la conception démocratique occidentale de la liberté était une illusion Américaine. "La liberté que nous aimons et défendons en Europe," déclara le Président Eisenhower en prenant place au bureau ovale, "est la même que la liberté qui est en danger en Asie." Il avait tort. Il se peut que l'humanité ait des points communs, mais les besoins et les aspirations changent selon les circonstances.
L’histoire a montré de manière répétée qu’il est très dangereux de croire qu’il existe une solution unique pour tous – et que cette solution peut être imposée avec succès (et correctement) par la force militaire. Et pourtant nous refusons de comprendre la leçon, parce que cette perspective est profondément inscrite dans l’approche Occidentale.

Un des problèmes liés à ce point de vue est qu’il est si profondément gravé dans la conscience générale de l’Occident, si vous voulez, que nous ne nous rendons souvent pas compte qu’il est là. Ainsi, vous avez des libéraux qui font des déclarations sur « la plus grande menace » que représente l’Iran, qui sont identiques aux opinions offertes par les défenseurs et les avocats les plus zélés de Bush. La plupart de ces gens croient que, parce que ce sont des valeurs « universelles » applicables à tous – et parce que nous en Occident comprenons et incarnons ces valeurs là bien plus que n’importe qui – toute nation qui s’oppose à nous doit être l’incarnation du Mal, avec un M majuscule. En conséquence, nous avons la démonisation de l’Iran qui est aujourd’hui en cours, tout comme nous avons assisté à la démonisation de races et de peuples entiers dans les guerres précédentes. (A nouveau, il ne s’agit pas de défendre les maîtres de l’Iran, qui sont particulièrement nocifs de nombreuses manières. Mais les démoniser de la façon que tant de personnes le font n’aide absolument pas à identifier la nature précise du danger qu’ils pourraient représenter, et c’est particulièrement gênant pour déterminer la politique étrangère la plus efficace et la moins dangereuse. Et il n’y a rien à propos de l’Iran ou de ses maîtres, avec ou sans armes nucléaires, qui les rende « uniques » comme de nombreuses personnes voudraient nous le faire croire aujourd’hui.)

Il reste toujours un autre danger caché, important et lié à cette perspective Occidentale. Il s’élève sous une forme très extrême parmi les disciples les plus dévoués de Bush, et Matt Taibbi l’a très bien identifié dans un article que j’ai cité il y a quelque temps (dans un essai expliquant pourquoi j’ai voté pour Kerry aux dernières élections). Taibbi est parti travailler en tant que volontaire pour Bush en Floride, pour essayer de mieux comprendre ce qui motive de nombreux Républicains. Voici l'extrait le plus important de ce qu’il a fini par comprendre :
Le problème, non seulement avec les Chrétiens fondamentalistes, mais avec les Républicains en général, ce n’est pas qu’ils agissent sous le coup d’une foi aveugle, sans réfléchir. Le problème c’est qu’ils sont des sceptiques incorrigibles avec un appétit insatiable pour les Preuves. Ce qu’ils adorent ce n’est pas la Croyance, mais plutôt, ils adorent voir leurs Croyances testées. C’est pourquoi leurs conversations et leurs médias sont si complètement dominés par des croque-mitaines implacables : des gays qui se marient, les libéraux, l’ACLU (Union des Américains pour les Libertés Civiles), Sean Penn, les Européens, etc. Leur foi en Dieu et en leurs convictions politiques est trop faible pour survivre sans une série infinie de confrontations réelles et imaginaires avec ces gens – et pour ces confrontations, ils rassemblent constamment des preuves et des faits pour faire leur plaidoyer.

Mais voilà le problème: ils ne cherchent pas des faits avec lesquels vaincre leurs adversaires. Ils cherchent des faits pour s’assurer une liste toujours plus grande d’adversaires. Leurs faits peuvent être véridiques, ils peuvent être faux, ils peuvent être hors de propos, ça n’a pas d’importance. Ce qui compte ce n’est pas de gagner le débat, ce qui compte c’est que le débat ne s’arrête jamais. La guerre permanente n’est pas une politique imposée d'en haut ; c’est un impératif émotionnel qui vient du fond. D’une certaine façon, cela aide si le fait est douteux ou faux (comme pour l’affaire du Swift-boat), parce que cela garantit un débat. Vous allez débattre des détails, où vous aurez raison, tandis que eux débattront des généralités qui sous-tendent le débat, où ils auront raison.

Une fois que vous comprenez ce fait, vous avez presque compris ce que les Hannitys et les Limbaughs ont découvert il y a longtemps : Ces gens avaleront tout ce que vous leur lancerez, tant que cela leur donne un démon à combattre dans leurs rêves.
A la fin de mon article précédent, j’ai expliqué les racines psychologiques profondes de ce phénomène.

La clé se trouve dans ces deux phrases de l’article de Taibbi : « La guerre permanente n’est pas une politique imposée d'en haut ; c’est un impératif émotionnel qui vient du fond. » Et : « Ces gens avaleront tout ce que vous leur lancerez, tant que cela leur donne un démon à combattre dans leurs rêves. » Ce que je veux souligner c’est que, bien qu’il soit certainement vrai que les disciples les plus zélés de Bush démontrent une approche dangereusement extrême, la perspective qui la sous-tend est celle qui influence la pensée Occidentale en général : l’idée que nous représentons le Bien Absolu, sous la forme de valeurs « universelles » que tout le monde pense respecter et appliquer, et que nos ennemis représentent le Mal Absolu, décidé à détruire toutes ces valeurs « universelles », sans exception.

C’est une perspective qui, par implication nécessaire et à son niveau le plus dangereux, doit avoir des adversaires et des ennemis, et qui nécessite « une guerre permanente » pour assurer sa propre survie. C’est une perspective qui bien trop fréquemment drague l’Armageddon – parce qu’elle doit avoir « un démon à combattre, » et un ennemi à vaincre.

Il y a évidemment bien, bien plus à dire sur ces choses, et je traiterai certains des éléments impliqués dans de futurs essais. Mais cela indique, au moins à un certain degré, les dynamiques en jeu – et pourquoi la campagne de propagande sur l’Iran a été, et continue d’être, aussi réussie.

Mise à jour : De grands mercis à Atrios pour le lien. Je vous prie de m’accorder un moment d’arrivisme : aujourd’hui, ma seule source de revenue vient des donations pour mes écrits ici et au Sacred Moment (où un grand nombre de mes essais sur Allice Miller sont aujourd’hui re-postés, ainsi que la série Sur la Torture)[NdT: série traduite entièrement, ]. Si vous avez apprécié ce billet et si vous trouvez que mes écrits ont de la valeur, je serais très reconnaissant si vous pensiez à faire une contribution. Une description plus poussée de mes circonstances actuelles se trouve ici, avec une mise à jour là. J’essaie juste de payer quelques factures de base, c’est pas un luxe (bon sang). De grands mercis pour vos égards.

Posté par Arthur Silber le 5 février 2006.

Dying Fetus



Raping The System

Criminal justice system of flaws
Blatant corruption
Repercussions, higher profit
An addiction
The obvious signs of guilt
Sloppy investigation
A bullshit fucking plea
Engineered process
Mishandled evidence unpreserved
Fabricated vindication
Diligence only an illusion
Mitigated, facade of lies
Inundated and ingrained, relentless conditioning
Media, legislation, selling a bent truth sensation
Gorging on the spectacle, "reality" TV
Victims of exploitation, selling out the children
Celebrity and power, attract public bias
Fortitude in decay, swollen avarice
Pedophiles, molesters, murderers set free
When they fail to win, the case falls to settlement
Exposing private perversions, humiliation and disgrace
Destroyed credibility, scamming on both sides
Spending millions to save face, and escape consequence
Attempt to evoke sympathy, inflating reasonable doubt
Lobbyist entitlement, litigation bondage
Egocentric apathy, fraudulent at heart
Judicial prejudice, preferential treatment
Witnesses of falsehood, conviction overturned
Humiliation, concealment and deception
Overexposure of the feeding frenzy
The inspiration to rape the system
Fallen morals, unanswered capital crimes
Circus of reporting, playing up the tragedy
Tainted media opinion, too blind to know the truth
Singular pursuit of profit, seeing what they want to see
Public speculation, slanted sympathies
Tied up in the costly litigation
Overwhelm the prosecution
Truth obscured with stall tactic motions
Trite protection of the guilty
Rats on the grift, indecent intention
Fighting for acquittal and vulgar fame
Quota of scapegoats and distractions
Nonexistent fear of authority
Suffering... Unending... Travesty...
Prejudice... Ignorance... Vanity...
Gold-digging legal battles
Symptom of a lawsuit-crazy nation
Semblance of due diligence
Devious manipulation and omissions
Law enforcement countermanded, weakness of the state
Fucking sheep with bleeding hearts, for no noble cause
No remorse for the victims, preying on the uninformed
Who is held accountable, spectacle of greed
Idiots bringing suit, no matter how absurd
Fabricated testimony, power twisted justice
Public interest in the freak show illustrates the sickness
Privileges of exception, turns to bought freedom
Inundated and ingrained, motions of brute force
Legal rights disintegration, disappearing privacy
Gorging on the spectacle, "reality" TV
Failure of the system, no guilty, but no innocent
Celebrity and power, attract public bias
Setting a precedent, tainting the future
Pedophiles, molesters, freed upon society
Murderers let loose to find their next victim

Robot Chicken - Les Tacos Arrachent

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Robot Chicken - Un Coup de Main

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Darth Vader coincé dans son cocon.

Robot Chicken - Les Risques du Métier

Les Risques du Métier
Vidéo envoyée par littlehorn

Un autre court extrait de Robot Chicken. Un balayeur qui reçoit un cadeau inattendu des cieux. Ou comment on ramène un peu de réalisme dans Star Wars.

Robot Chicken - Wooops

Robot Chicken - Wooops
Vidéo envoyée par littlehorn

L'apprenti Kenobi commet une petite maladresse.

Robot Chicken - Humour Bizarre

Robot Chicken - Humour Bizarre
Vidéo envoyée par littlehorn

Alors c'est comme ça que les chercheurs de maths se détendent...

Robot Chicken - Je suis Ambidextre !

video

Une vidéo rejetée par le staff de Daily Motion. Comme d'habitude, la même est disponible gratuitement sur le site d' [adult swim]. Mais bon, je savais depuis longtemps que le staff de Daily Motion n'est qu'un ramassis de crétins sans aucune logique de fonctionnement.

mercredi 20 août 2008

Obamania en France

France 5 va diffuser un 'documentaire', réalisé, par des Obamaniaques Français, pour les Obamaniaques Français, et avec des Obamaniaques Français Américains, le 24 août à 20h40. Une véritable orgie...

Je cite, dans une description du Télé Star de la semaine prochaine:
"S'il y a un mot qui caractérise Obama, c'est son universalité...Il incarne un certain humanisme. Ils donnent (sic) envie aux gens de s'engager." Un avis partagé par quelques citoyens dont Hervé et Guetty ont recueilli les témoignages. Une Américaine confie: "Pendant longtemps j'ai résisté, parce que je me disais que c'était trop beau pour être vrai: quelqu'un fait appel au meilleur de nous-mêmes au lieu de nous diviser !" Pendant qu'un vendeur de tee-shirts, sur lesquels Barack Obama est associé à Martin Luther King avec inscrit Le rêveur et le rêve, explique: "Luther King a rêvé qu'un jour, on vive dans un pays où l'on n'est pas jugé à sa couleur de peau, mais à sa valeur personnelle. 40 ans plus tard, Barack incarne ce rêve !"
Et donc on va avoir droit à 1 heure de déclarations vides/facilement démontables de la part d'hyper-partisans. Très "attachant" comme documentaire, oui.

A quand la création du Comité Français Anti-Obama ? On peut en tout cas commencer par là. Le Black Agenda Report est également important dans la lutte contre Obama.

Death.fm | Extremist Metal Radio